Cette question est souvent posée par les personnes
qui souffrent de douleurs et il est parfois difficile d'y répondre. Nous
savons que la douleur est généralement un signal qu'envoie notre
corps pour avertir d'un dysfonctionnement, mais parfois le système d'avertissement
lui-même est défectueux et émet une alerte inutile ou disproportionnée
par rapport au trouble signalé. En fait, une alarme douloureuse est parfois
déclenchée en l'absence de maladie ou de lésion réelle.
La douleur peut être une amie ou une ennemie. La
cause la plus courante de douleur est la détection par le corps d'une
lésion tissulaire ou d'un trouble. Pour la plupart des douleurs courantes,
l'intensité correspond à peu près au trouble physique.
Si la douleur est alarmante ou intense, il est conseillé de consulter
un médecin dès que possible. Certaines personnes souffrent de
douleurs récurrentes, comme des maux de tête ou une dysménorrhée,
qu'elles ont appris à reconnaître comme bénignes, voire
comme une simple gêne. Quand l'alerte à la douleur devient forte,
surtout si vous n'en connaissez pas la cause, le système d'alarme est
en train de remplir sa fonction?prenez-le au sérieux.
De simples lésions peuvent s'enflammer ou s'infecter,
ce qui a tendance à prolonger la douleur. Les lésions tissulaires
profondes, telles qu'une entorse, ont également tendance à durer
plusieurs jours ou semaines plutôt que quelques heures. De simples analgésiques,
tels que l'aspirine, sont généralement sûrs et efficaces
pour le traitement de ces douleurs. Lorsqu'ils sont pris pendant plusieurs semaines
consécutives, ces médicaments présentent cependant un risque
cumulé d'effets indésirables graves, tout particulièrement
de troubles gastriques et intestinaux. D'autres solutions sont disponibles.
Il n'existe pas de durée spécifique au
terme de laquelle une douleur à court terme devient chronique. Cela dépend
des circonstances données. De façon générale, vous
souffrez de douleur chronique si celle-ci dure depuis plus de six mois et qu'elle
n'est pas soulagée par des soins médicaux ou chirurgicaux.
La douleur chronique peut également être un état permanent,
comme les dorsalgies et les douleurs aux jambes (douleurs ressenties dans le
dos et les jambes pouvant être dues à des maladies rachidiennes),
le syndrome algodystrophique (qui se développe généralement
dans un pied ou une main après une blessure telle une fracture osseuse),
une douleur ressentie après une intervention chirurgicale (qui peut entraîner
la lésion d'un nerf) ou une neuropathie douloureuse (troubles neurologiques
résultant de lésions nerveuses qui produisent une douleur chronique
intense).
Prévalence
de la douleur chronique
Bien que des données épidémiologiques complètes
ne soient pas disponibles pour l'Union Européenne, il est clair que
la douleur chronique est largement répandue. Il est estimé
qu'elle affecte environ 70 millions de personnes en Europe occidentale.
Plusieurs études communautaires récentes ont révélé
que 50 % des adultes étudiés souffraient d'un ou de plusieurs
types de douleur à tout moment1. Dans une proportion importante
des sujets étudiés, la douleur était chronique et intense,
le nombre augmentant considérablement dans les groupes plus âgés.
Les états de douleur chronique les plus répandus, comme les
douleurs lombaires, l'arthrose et les maux de tête récurrents
(dont la migraine), sont si courants qu'ils sont souvent perçus comme
normaux et faisant inéluctablement partie de la vie. Bien que peu
de personnes meurent de douleur, nombreuses sont celles qui meurent dans
la douleur et encore plus nombreuses celles dont la vie n'est que douleur.
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1Ces données ont été
tirées du site de l'EFIC (Fédération Européenne
des associations internationales pour l'etude de la douleur - www.efic.org)